Le CAGEST : « Gérer une entreprise, c’est comme conduire une voiture ! »

Nelson/ février 1, 2013/ Comptabilité & gestion/ 0 comments

Les stages initiatiques de comptabilité-gestion de la CAGEST remportent un franc succès.

Les stages initiatiques de comptabilité-gestion de la CAGEST remportent un franc succès.
Lancé en août 2011, le CAGEST (Centre d’Accompagnement en Gestion) est né d’un constat flagrant des difficultés de  gestion des petites entreprises de moins de 5 employés. Selon le président de la CCISM, ces dernières représenteraient plus 80 % des patentés du fenua. En un peu moins de deux années d’existence, la CAGEST a sauvé plus d’une entreprise. Et aujourd’hui, chaque séance  d’initiation à la comptabilité, dispensée dans les locaux-même de l’association, affichent complet.Nelson Tapare-Pin, directeur du CAGEST, peut être fier du travail effectué en moins de deux années d’existence. La création de cette association à but non lucratif (régie par la loi 1901) s’est fait avec le soutien d’un réseau de prescripteurs et de partenaires (Les banques de Polynésie et Tahiti, la CCISM, l’organisation des experts-comptables de Polynésie française, l’A.D.I.E et quelques instances du pays).

Le président actuel de cette association qui est également député, Jean Paul Tuaiva, a apporté un soutien sans failles à cette entreprise, mais aussi aux objectifs à atteindre : soutenir les TPE (Très Petites Entreprises) dans leur gestion, leur accompagnement durant les déclarations fiscales ou encore dans les différentes phases de promotions de l’activité. L’initiation aux principaux outils numériques est un autre aspect qui est également abordé.

Cécilia, future restauratrice de Uturoa, Rameny, artisane avec son ami de Pira’e ou encore Maheata, e-commerçante sont parmi les nombreux porteurs de projets ou qui exercent déjà, qui ont vite compris l’intérêt d’apprendre à gérer, mais pas seulement. Les déclarations fiscales sont tout aussi importantes et la mauvaise interprétation de chiffres ou d’un taux de TVA à appliquer, peut mettre l’entrepreneur en grande difficulté. Nelson Tapare-Pin cite un exemple « Une chef d’entreprise dans le domaine floral avait, pendant longtemps, appliqué un taux de TVA (Taxes à la Valeur Ajoutée) de 10% car faisant elle-même ses compositions, elle pensait qu’il s’agissait d’un « service », ce qui n’est pas faux si c’était effectivement le cas. Seulement une mauvaise surprise l’attendait au moment de régler ses taxes au service des contributions. Après contrôle des éléments fiscaux fournis par cette dernière, l’agent traiteur lui annonce que le taux de TVA appliqué est erroné. Il fallait appliquer un taux de 16%. Résultat : un redressement qui a coûté très cher. Une facture qui devait être de quelques centaines de milles francs s’est transformée en quelques…millions de francs. »

Cet exemple démontre véritablement l’intérêt des séances d’initiations à la gestion d’une entreprise, dispensées par l’organisme. Les séances durent en général 2 heures par jour et s’étalent des périodes variées. Le succès est tel que les entrées succèdent aux sorties. Les formateurs se relaient pour compléter le programme. De plus, elles sont gratuites.

Ici, on apprend de façon tout à fait ludique et accessible, les rudiments de la comptabilité. Fini les grands mots savants et les équations qui décourageraient même les plus persévérants. Comme son nom l’indique, le CAGEST accompagne en gestion. Une heure après des cours théoriques, abordés de manière simple et franchement accessible à tous sans exception, les stagiaires sont mis en situation : traitements de factures, devis et autres opérations fiscales. A la sortie, les avis sont unanimes : « j’ai compris maintenant comment il faut gérer une entreprise, mais aussi quelles sont les erreurs à ne pas commettre. »

 

Ici, Nelson Tapare-Pin, directeur du CAGEST. Photo prise lors du premier forum de la création d'entreprise de Mataiea le 23 janvier dernier.

Ici, Nelson Tapare-Pin, directeur du CAGEST. Photo prise lors du premier forum de la création d’entreprise de Mataiea le 23 janvier dernier.
« Gérer une entreprise, c’est comme conduire une voiture »Si les résultats de l’organisme sont très prometteurs et annoncent l’extension des actions menées aux autres archipels, Nelson Tapare-Pin revient sur les débuts et ce qui l’a incité, avec Jean Paul Tuaiva, car ils sont bien à l’origine de la création du CAGEST : « …au bout de 2 ou 3 ans, la majorité des petites entreprises mettent la clé sous la porte. 84% des sociétés qui échouent ont failli dans leur gestion. Ils confondent chiffre d’affaires et bénéfices, ou ne savent pas qu’ils sont soumis à des déclarations auprès du service des contributions et de la caisse de prévoyance sociale. Mais il faut reconnaître que la plupart de ceux qui prennent une patente pour des petites activités telles que le jardinage ou la pâtisserie savent travailler, c’est incontestable et on l’a vu à maintes reprises. Mais ce n’est pas suffisant car il y a évidemment la partie gestion. D’où l’idée de mettre en place des programmes d’initiation à la comptabilité et à la gestion. Attention, ce n’est pas une école. Nous accompagnons les porteurs de projets sur le temps. Nous mettons à leur disposition des outils pour qu’ils puissent les utiliser dans le quotidien. Nos enseignements sont faciles à comprendre et à mettre en pratique. Tout est fait avec des exemples, des mises en situation et des conseils d’orientation. Je dis toujours que gérer son entreprise, c’est comme conduire une voiture. Dans le sens où lorsque vous roulez, vous avez en face de vous un tableau de bord avec des voyants. Ceux-ci ne sont pas là pour la décoration. Au contraire, ils indiquent la bonne santé de votre voiture. Chaque élément participe au bon déroulement du trajet. Cet exemple est transposable à la tenue d’une entreprise. Les indicateurs sont les mêmes. Sans essence, la voiture n’avance plus. Sans une bonne gestion, l’entreprise ne vit pas longtemps. »

L’exemple donné ici est le type d’argument invoqué lors des séances d’initiation à la comptabilité-gestion. La vulgarisation des termes, des procédures et des actions permet à tout à chacun, qui voudrait créer son entreprise, de mieux appréhender le monde de l’entreprenariat. Cela ne veut pas dire pour autant que la facilité s’impose d’elle-même. Les procédures restent rigoureuses. Mais la connaissance des règles de gestion évite bien des déboires comme ceux cités plus haut dans cet article.

Nouvelle réforme fiscale

L’intervention de la CAGEST est devenue une véritable demande de la part des patentés qui ne savent pas comment s’y prendre pour remplir correctement leurs déclarations selon la nouvelle réforme fiscale. Cette dernière dit que : pour les déclarations à l’impôt sur les transactions qui seront faites à partir  de cette année, concernant la comptabilité de l’exercice 2012, les seuils de chiffre d’affaires pour lesquels il y a obligation de déposer un compte de résultat et un bilan à l’ouverture et à la clôture de l’exercice ont été abaissés à 15 millions de F CFP, au lieu de 75 millions jusqu’à présent, pour les ventes de marchandises et denrées à emporter ou consommer sur place.

Pour les autres activités telles que les prestations de service par exemple, le seuil a été abaissé à 6 millions de F CFP au lieu de 50 millions jusqu’à présent. Autrement dit, si le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 6 millions de FCFP ou 15 millions de FCFP pour le commerce, les patentés seront tenus de fournir ces documents comptables avant le 31 mars prochain.

La déclaration d’impôt sur les transactions et contribution de solidarité territoriale sur les professions et activités non salariées se compose désormais de 6 feuillets comprenant : une page de garde comprenant les informations générales sur le contribuable, la déclaration du chiffre d’affaires relative aux ventes et aux prestations de service, un relevé détaillé des charges et un bilan accompagné d’un compte de résultat. Si, comme d’autres patentés, vous êtes indécis et que vous ne savez pas comment faire, vous pouvez directement  contacter le CAGEST par téléphone au 47 27 90 ou par internet : www.cagest.pf.

TP

 

Projets pour l’année 2013Face au succès des actions menées depuis sa création, le CAGEST va conquérir les autres archipels. Cela a déjà commencé par l’inauguration d’une antenne en octobre dernier sur l’île de Raiatea. Les Îles marquises, les australes et les Gambiers seront bientôt concernés par les programmes de stages et d’accompagnement. Une demande de reconnaissance d’intérêt général est également en cours. Enfin, il est prévu l’embauche d’un nouveau collaborateur. Toutes ces mesures ne feront que conforter la notoriété de cette association à l’avenir prometteur.

 

Le CAGEST : « Gérer une entreprise, c’est comme conduire une voiture ! »
Jean Paul Tuaiva : « Nous voulons donner les moyens aux petites entreprises d’exister ! »Bien que député, Jean Paul Tuaiva est aussi le président de la CAGEST depuis sa création. Il en est d’ailleurs, avec Nelson Tapare-Pin, à l’origine de sa création. Il connait parfaitement les difficultés que rencontrent les petites entreprises car avant la politique, il était lui-même dans l’entreprenariat. S’il a réussi, c’est grâce à une gestion rigoureuse et beaucoup d’heures de travail. C’est donc fort de toute cette expérience qu’il donne sa version d’une TPE polynésienne de demain : « Les objectifs de la CAGEST sont clairs : faire évoluer les entreprises qui ont des difficultés, en les accompagnant et en les soutenant dans leurs démarches et leur volonté de se développer. Il faut travailler ensemble et s’entraider. Le polynésien est quelqu’un qui veut travailler, mais qui est laissé pour compte. Et c’est précisément là que nous intervenons. Nous accueillons tous ceux et celles qui ont l’esprit d’entreprendre. Avec le temps, il faut leur permettre d’acquérir de l’expérience dans la gestion de leur structure car c’est eux qui feront la richesse de notre fenua, de notre Polynésie de demain. J’y crois et je crois en eux. Ici, ils sont chez eux. Ils sont tout à leur disposition : outils informatiques, formations gratuites, nul besoin d’être diplômé, mais il faut de la volonté. La CAGEST est là pour vous soutenir ! Nous voulons donner les moyens aux petites entreprises d’exister !»

 

Le CAGEST : « Gérer une entreprise, c’est comme conduire une voiture ! »

Cécilia Moux, future restauratrice : «Je reviens de loin et je vais réussir grâce au CAGEST »

En effet, Cecilia a la quarantaine, mais la volonté d’entreprendre a toujours fait partie d’elle. « Je suis quelqu’un qui aime bouger et travailler. Alors que j’étais en E.U.R.L (Entreprise unipersonnelle à responsabilité Limitée), je voulais radier ma patente alors que je venais de l’avoir. Au moment de la démarche, la CCISM m’a expliqué que je devais attendre trois ans selon la loi. Alors, je me suis dit que devais faire quelque chose. Et c’est comme ça que j’ai commencé à réfléchir. Cela m’a pris du temps, depuis pratiquement 2010 et j’ai fini par orienter mon choix vers la création d’un buffet-restaurant sur Raiatea. J’ai eu de nombreux obstacles, notamment concernant la location d’un local qui se trouvait dans la gare maritime. En fait, les murs appartiennent aux pays et nous n’étions pas d’accord sur le prix de location, ensuite je ne pouvais pas changer les serrures ou les portes puisque ces éléments font partie des murs. De fil en aiguille, je me suis rapprochée du CAGEST car je contactai régulièrement la CCISM pour des informations. Ensuite, j’ai intégré des stages et cela fait plus d’un an que je ne rate jamais une occasion de participer à un stage, voire même à des séances de coaching. Vous savez, en dépit de tous les obstacles que j’ai rencontrés, je reviens de loin et je vais réussir grâce au CAGEST, puisque j’ouvre mon restaurant à Uturoa qui va s’appeler : La Cubana « .

(source: TAHITI INFO)

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